Catégorie : Santé au travail

Certification périodique, RPS, TMS et santé au travail.

  • Risques psychosociaux : le Parlement européen réclame une directive

    Risques psychosociaux : le Parlement européen réclame une directive

    Le 6 octobre 2026, le Parlement européen a adopté, par 413 voix contre 210 et 29 abstentions, un rapport d’initiative législative sur les risques psychosociaux, le stress et la santé mentale au travail. Il demande à la Commission européenne de proposer une directive dédiée. Il n’existe aujourd’hui aucun texte européen consacré spécifiquement aux RPS. Ce vote ne crée encore aucune obligation, mais il dessine clairement la direction.

    Ce qui a été voté, et ce que cela change juridiquement

    Un rapport d’initiative législative n’est pas une loi. Le Parlement européen n’a pas le droit d’initiative : il demande à la Commission de présenter une proposition. Celle-ci dispose de trois mois pour répondre, soit en annonçant les mesures qu’elle envisage, soit en motivant son refus.

    Le droit européen de la santé et de la sécurité au travail est pourtant abondant : directive cadre de 1989, textes sur les écrans, les charges, les agents chimiques. Mais aucun ne traite spécifiquement des risques psychosociaux. C’est ce vide que les députés veulent combler.

    Les cinq mesures demandées par les eurodéputés

    1. Des définitions communes des « risques psychosociaux liés au travail », du « stress lié au travail » et de la « détresse morale », pour que tous les États membres parlent de la même chose.
    2. Une évaluation régulière des RPS par l’employeur, assortie de plans d’action concrets. Une évaluation préalable, menée avec les salariés et leurs représentants, serait exigée avant toute restructuration importante : changement des règles de télétravail, des effectifs, ou introduction de systèmes automatisés de décision et de surveillance.
    3. Le respect du droit à la déconnexion, sauf circonstances exceptionnelles.
    4. Un service de prévention des RPS : un ou plusieurs salariés désignés pour surveiller, évaluer et détecter précocement les risques, avec la possibilité de faire appel à des intervenants externes lorsque les compétences internes manquent.
    5. Un plan de retour durable au travail, personnalisé et construit avec le salarié, après une absence longue ou répétée liée aux RPS : adaptation des tâches, de la charge ou des horaires.

    Maladies professionnelles : la présomption a été retirée. Les députés demandent que les RPS liés au travail puissent explicitement donner lieu à des maladies professionnelles. Le rapport initial de septembre prévoyait une présomption légale : un salarié prouvant son exposition et une atteinte à sa santé aurait vu cette atteinte présumée d’origine professionnelle, sauf preuve contraire de l’employeur. Ce passage a été supprimé du texte adopté en octobre.

    Pour une entreprise française, quel écart avec le droit actuel ?

    Sur le papier, la France est déjà largement alignée. L’employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1 du code du travail) et évaluer les risques, psychosociaux compris, dans le document unique. Le droit à la déconnexion existe depuis 2017. Le salarié désigné compétent en prévention est prévu par l’article L. 4644-1. La visite de reprise et le rendez-vous de liaison encadrent déjà le retour après un arrêt long.

    L’écart se situe ailleurs, sur trois points :

    • L’évaluation préalable aux réorganisations. Modifier le télétravail ou déployer un outil de pilotage algorithmique imposerait une évaluation RPS formelle, en amont, avec les salariés. C’est un changement de méthode pour beaucoup d’entreprises.
    • La régularité et la preuve. Une évaluation régulière suivie d’un plan d’action mesurable laisse peu de place au document unique recopié d’une année sur l’autre. Depuis juin 2026, le manquement au DUERP est déjà passible d’une amende administrative pouvant atteindre 4 000 euros par travailleur concerné (voir notre article sur le DUERP et les RPS).
    • Le retour au travail personnalisé. Formaliser un plan individuel, co-construit, pour chaque absence liée aux RPS suppose de disposer de données de suivi fiables.

    Pourquoi agir dès maintenant

    Même si la Commission donne suite, une directive mettra plusieurs années à être adoptée puis transposée. Mais la tendance est nette, et le coût des RPS n’attend pas le législateur : les affections psychiques reconnues comme maladies professionnelles ont été multipliées par plus de cinq en France entre 2015 et 2024 (Assurance Maladie).

    Les entreprises qui auront déjà une méthode d’évaluation régulière, des indicateurs et des signaux faibles suivis dans le temps, ainsi que des managers formés, n’auront rien à reconstruire. Les autres devront tout bâtir sous contrainte.

    C’est précisément l’objet de ScanUp : un dépistage des RPS anonyme et répétable, qui alimente le document unique et le plan d’action, et une formation aux risques psychosociaux pour donner aux managers et aux référents les moyens d’agir.

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    Source : Eurogip, « Risques psychosociaux au travail : vers une directive européenne ? », 13 octobre 2026 ; résolution du Parlement européen du 6 octobre 2026 (2026/2023(INL)). Pour aller plus loin : Formation aux risques psychosociaux, ce qu’elle doit contenir.

  • TMS : comment prévenir le premier risque professionnel en France

    TMS : comment prévenir le premier risque professionnel en France

    Les troubles musculo-squelettiques sont, de loin, la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Bonne nouvelle : ce sont aussi des risques sur lesquels on peut agir efficacement.

    Que sont les TMS ?

    Les troubles musculo-squelettiques touchent les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations, principalement au niveau du dos, des épaules, des coudes, des poignets et des genoux. Ils se manifestent par des douleurs, une gêne, une perte de force ou de mobilité, et peuvent conduire à l’incapacité de tenir son poste.

    Ils résultent rarement d’un geste unique : ils s’installent progressivement, sous l’effet de gestes répétitifs, de postures contraignantes, d’efforts, mais aussi de facteurs organisationnels et psychosociaux comme la pression temporelle.

    Des secteurs particulièrement exposés

    Le soin et l’aide à la personne figurent parmi les activités les plus concernées : manutention de patients, postures prolongées, cadence soutenue. Les métiers de laboratoire, de rééducation ou de bloc sont également exposés à des gestes répétés et à des positions statiques.

    Chiffre clé : les TMS représentent l’essentiel des maladies professionnelles indemnisées chaque année. Leur coût humain (douleur, désinsertion) et économique (arrêts, remplacements) est considérable.

    Les leviers de prévention qui fonctionnent

    • Agir sur le poste et le matériel : aides à la manutention, réglage des hauteurs, outils adaptés.
    • Agir sur l’organisation : rotation des tâches, marges de manoeuvre, pauses, réduction de la pression temporelle.
    • Former aux gestes et postures, sans en faire l’unique réponse : un bon geste dans une organisation contraignante ne suffit pas.
    • Repérer tôt les premiers signes pour éviter le passage à la chronicité.

    Comme pour les RPS, la prévention la plus efficace agit sur les causes (organisation, conception du travail) plutôt que sur les seuls comportements individuels.

    Inscrire les TMS dans une démarche durable

    Évaluer les TMS dans le document unique, associer les salariés au diagnostic et suivre les indicateurs dans le temps transforme une action ponctuelle en démarche de prévention pérenne. Pour les professionnels de santé, entretenir ces compétences de prévention s’inscrit pleinement dans la logique de la certification périodique.

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  • Risques psychosociaux (RPS) : obligations de l’employeur et prévention en 2026

    Risques psychosociaux (RPS) : obligations de l’employeur et prévention en 2026

    Les risques psychosociaux ne sont pas une option de bien-être : ce sont des risques professionnels que l’employeur a l’obligation légale d’évaluer et de prévenir. Voici le cadre 2026 et une méthode d’action.

    Qu’appelle-t-on risques psychosociaux ?

    On regroupe sous le terme RPS les situations de travail où sont présents, de façon durable, le stress chronique, les violences internes (harcèlement, conflits), les violences externes (agressions par le public) ou encore le sentiment de perte de sens. Ces facteurs peuvent porter atteinte à la santé physique et mentale des salariés.

    Dans les métiers de la santé, l’exposition est élevée : charge émotionnelle, horaires décalés, confrontation à la souffrance, tension sur les effectifs. La prévention y est donc particulièrement stratégique.

    Ce que la loi impose à l’employeur

    Le Code du travail fait peser sur l’employeur une obligation de sécurité : il doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Concrètement, cela se traduit par trois exigences :

    • évaluer les RPS et les inscrire dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
    • définir un plan d’actions de prévention, mis à jour régulièrement ;
    • associer les représentants du personnel et le service de prévention et de santé au travail.

    L’absence d’évaluation des RPS dans le DUERP est l’un des premiers points relevés en cas de contrôle ou de contentieux.

    À retenir : la prévention des RPS n’est pas un engagement moral, c’est une obligation de résultat en matière de sécurité. Ne rien formaliser expose l’employeur, y compris pénalement en cas d’atteinte grave.

    Une méthode de prévention en cinq étapes

    1. Repérer les situations à risque : indicateurs d’absentéisme, turnover, accidents, signalements, entretiens.
    2. Évaluer collectivement, avec les salariés concernés, sans se limiter à un questionnaire anonyme.
    3. Agir sur l’organisation en priorité (charge, autonomie, clarté des rôles), avant les actions individuelles.
    4. Formaliser le plan dans le DUERP et fixer des échéances.
    5. Suivre les effets dans le temps et réévaluer.

    La prévention primaire, celle qui agit sur les causes organisationnelles, est la plus efficace et la plus durable. Les actions individuelles (soutien, formation) la complètent mais ne la remplacent pas.

    Le lien avec la certification périodique

    Pour les professionnels de santé, la maîtrise des risques professionnels, dont les RPS, s’inscrit dans une démarche continue d’amélioration des pratiques. Savoir prévenir et repérer ces risques fait partie des compétences que la certification périodique vise à entretenir tout au long de la carrière.

    Pour aller plus loin sur le volet formation : notre formation aux risques psychosociaux, sept heures à distance pour les managers et les RH, dispensée par IEF Biologie, organisme certifié Qualiopi.

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  • Certification périodique des professionnels de santé : le mode d’emploi 2026

    Certification périodique des professionnels de santé : le mode d’emploi 2026

    Qui est concerné, quelles obligations, comment construire son parcours ? Le guide clair de la certification périodique des professionnels de santé, et comment la piloter sereinement.

    La certification périodique s’impose progressivement à l’ensemble des professionnels de santé. Objectif : garantir, tout au long de la carrière, le maintien des compétences et la qualité des soins. Voici l’essentiel pour s’y retrouver.

    Qu’est-ce que la certification périodique ?

    C’est une obligation d’actualisation régulière des connaissances et des compétences, à démontrer sur une période donnée. Elle repose sur un parcours composé d’actions concrètes : formation continue, évaluation des pratiques, démarches de qualité et de prévention des risques, et actions en faveur de sa propre santé.

    Qui est concerné ?

    La certification périodique vise les professionnels de santé à ordre, et s’étend au fil du temps. Sont notamment concernés les biologistes, infirmiers, infirmiers en pratique avancée (IPA) et, plus largement, les professionnels exerçant en libéral comme en établissement de soins. Chaque professionnel constitue un parcours qui lui est propre.

    Quelles actions compte le parcours ?

    Un parcours de certification périodique combine généralement quatre types d’actions :

    1. Formation continue pour actualiser ses savoirs (par exemple les formations DPC).
    2. Évaluation et amélioration des pratiques professionnelles.
    3. Amélioration de la relation avec les patients et de la qualité de la prise en charge.
    4. Prévention et prise en compte de sa propre santé : c’est là qu’interviennent le dépistage des risques psychosociaux (RPS) et des troubles musculo-squelettiques (TMS).

    Pourquoi anticiper ?

    Attendre l’échéance, c’est prendre le risque d’un parcours incomplet et difficile à reconstituer. Anticiper permet de répartir les actions dans le temps, de conserver les preuves au fil de l’eau et d’aborder sereinement le contrôle. Pour un employeur, c’est aussi un gage de conformité et de qualité pour l’ensemble des équipes.

    Piloter la certification avec ScanUp

    C’est précisément ce que permet ScanUp : réunir au même endroit le suivi du parcours de certification périodique, le dépistage des RPS et des TMS, et la traçabilité des actions. Les professionnels avancent pas à pas, les responsables gardent une vision d’ensemble.

    À retenir. La certification périodique n’est pas une contrainte administrative de plus : bien pilotée, c’est un levier de qualité des soins et de valorisation des compétences. L’essentiel est de s’y prendre tôt et de garder la trace de chaque action.

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  • Réforme infirmière 2026 : consultation, prescription et nouvelles compétences

    Réforme infirmière 2026 : consultation, prescription et nouvelles compétences

    Loi de 2025, décret, puis arrêtés du 26 juin 2026 : la profession infirmière connaît en 2026 sa plus importante évolution depuis des décennies. Consultation autonome, prescription élargie, vaccination. Le point sur ce qui change vraiment.

    Portée par la loi infirmière de juin 2025, précisée par décret fin 2025, puis rendue opérationnelle par les arrêtés du 26 juin 2026 (publiés le 27 juin, en vigueur le 30 juin 2026), cette réforme redéfinit le champ de compétences des infirmiers. Voici ce qui change concrètement.

    Une consultation infirmière autonome

    La réforme crée une véritable consultation infirmière dans neuf domaines : évaluation clinique, recueil de données, soins, vaccination (à partir de 11 ans), prévention et traitement des plaies, orientation dans le parcours de soins, surveillance clinique, éducation à la santé et recherche.

    Concrètement, l’infirmier n’agit plus seulement sur prescription : il peut mener une consultation, poser un raisonnement clinique et décider d’actes dans son périmètre.

    Une prescription élargie

    Le droit de prescription des infirmiers s’étend désormais à cinq domaines :

    • les vaccins, selon le calendrier vaccinal complet ;
    • les plaies, chroniques et aiguës ;
    • la santé sexuelle : renouvellement de contraceptifs oraux, dépistage ;
    • le sevrage tabagique ;
    • la biologie ciblée : INR, NFS, glycémie et d’autres examens de suivi.

    Ces compétences rapprochent l’infirmier du premier recours et renforcent son rôle dans l’accès aux soins.

    Reconnaissance n’est pas remboursement

    Point important à garder en tête : la reconnaissance juridique d’un acte, depuis le 30 juin 2026, ne signifie pas sa prise en charge immédiate. Le traitement des plaies non chirurgicales en accès direct, par exemple, ne sera remboursable qu’à partir du 1er janvier 2027. Le calendrier de facturation suit sa propre logique, à surveiller de près.

    Et les infirmiers en pratique avancée (IPA) ?

    En parallèle, la primo-prescription des IPA est désormais reconnue, avec un accès direct élargi. La profession reste mobilisée pour sécuriser durablement ces acquis, mais la tendance de fond est claire : davantage d’autonomie et de responsabilité clinique.

    Nouvelles compétences, nouvelle exigence de formation

    Qui dit nouvelles compétences dit besoin de formation et de traçabilité. Un infirmier qui vaccine, dépiste ou prescrit doit pouvoir démontrer sa montée en compétence, et l’employeur comme le professionnel ont tout intérêt à documenter ce parcours.

    C’est exactement l’enjeu de la certification périodique des professionnels de santé : prouver, tout au long de la carrière, l’actualisation des connaissances et des compétences. La réforme de 2026 ne fait qu’en renforcer l’importance.

    À retenir. La réforme infirmière 2026 élargit le métier ; la formation continue et la certification périodique en sont la contrepartie naturelle. Anticiper, c’est sécuriser à la fois la qualité des soins et la conformité des équipes.

    Pilotez la certification périodique de vos équipes

    ScanUp réunit le suivi de la certification périodique, le dépistage des RPS et des TMS et la traçabilité des actions, au même endroit.

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